D'une fabrique de marionnettes à une salle qui joue le soir
Trois personnes suffisent à faire tourner l'endroit, avec une seule règle affichée en cuisine : souper et cartes coexistent sous les mêmes poutres sans jamais se gêner l'un l'autre.
Ce que le chantier de réouverture a révélé
Sous des toiles poussiéreuses attendaient des établis intacts, des fils encore noués aux poutres, et des caisses de têtes de bois que personne n'avait rouvertes depuis des décennies.
La travée du fond, sans la moindre fenêtre sur la rue, s'est transformée en salon de cartes : ni lumière parasite, ni bruit de circulation pour distraire les joueurs.
Le reste a suivi de lui-même : un comptoir taillé dans un ancien établi, et dix-huit couverts au grand maximum, jamais un de plus.

Trois personnes
Toute l'équipe réunie, cuisine incluse
Dix-huit couverts
La totalité de la salle, sur un seul service
Quatre tapis
Une pièce à part, avec une cadence bien à elle
Trois principes qu'on ne discutera jamais
- Une partie de cartes se termine sans qu'un centime ait changé de main dans un sens ou dans l'autre.
- La carte suit ce que le marché du jeudi fournit ; à défaut de produit frais, un plat disparaît purement et simplement de l'ardoise.
- Un client visiblement trop fatigué pour reprendre le volant se voit proposer un taxi, sans qu'on lui rende ses clés.